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Les Falashas

Depuis la nuit des temps, il existe des milliers de juifs noirs en Ethiopie appelés “Falashas” c’est-à-dire “exilés”. Ces juifs sont les authentiques descendants des anciens hébreux qui jadis s’installèrent en cette partie de l’Afrique. Leur existence a été récemment révélée au monde par les opérations Moïse (1984) et Salomon (1991) qui ont permis le retour de plusieurs milliers d’entre eux en Terre Sainte. Ce retour massif des juifs noirs d’Ethiopie en Terre Sainte accomplit, dit -on, l’ancienne prophétie biblique selon laquelle le Dieu d’Israël ferait retourner son peuple, exilé en Ethiopie, dans le pays de leurs ancêtres (Sophonie 3 :10),l’actuel état d’Israël.

Les Falashas se désignent eux mêmes en tant que peuple par l’expression “Béta Israël” qui signifie “maison d’Israël”. Leur présence en Ethiopie remonterait au temps de l’Exode (XIIIe siècle avant Jésus- Christ). Moïse lui-même se serait rendu chez les éthiopiens où il l’aurait épousé une des leurs (Nombre 12 : 1).

On dit aussi que les Falashas sont les descendants des dignitaires hébreux qui accompagnèrent Ménélik I en Ethiopie, à son retour de Jérusalem. D’autres hypothèses circulent sur l’origine des “Beta Israël”. Ainsi, on avance parfois que les Falashas seraient venus s’installer en Ethiopie à l’époque du schisme entre Israël et Juda (Xe siècle avant Jésus-Christ) ou encore du temps où le premier temple fut détruit (VIe siècle avant Jésus-Christ).

Il existe aussi une hypothèse selon laquelle les juifs noirs d’Ethiopie seraient les descendants des hébreux qui quittèrent Jérusalem et s’exilèrent en Afrique à l’occasion de la destruction du second temple (Ier siècle de l’ère chrétienne).

L’essentiel, c’est que la judaïté des Falashas a été reconnue officiellement par l’État d’Israël de telle sorte qu’ils aient part eux aussi à la loi du retour. Notons qu’en 1938, les Beta Israël ont été les victimes de la législation fasciste antisémite mise en application en Ethiopie par les italiens.

Après la libération de l’Ethiopie sous Haïlé Sélassie I, en 1941, les juifs du reste du monde et en particulier de l’Europe et de la Palestine, sont entrés en contact avec les juifs noirs d’Ethiopie. C’était l’occasion pour les Falashas de découvrir avec surprise l’existence de juifs blancs, chose dont ils n’avaient jamais entendu parler.

Dans les années 80 les Beta Israël furent transportés en masse vers Israël. Depuis ce jour se joue là-bas le drame de leur intégration. En effet, les juifs noirs d’Ethiopie pratiquent un judaïsme archaïque distinct du judaïsme pratiqué en Europe et en Palestine par les juifs blancs. En guise d’illustration, les Falashas ignorent totalement les traditions rabbiniques qui se sont ajoutées à la Loi après l’Exil, comme le Talmud ou le Midrash. Ainsi ils continuent d’observer scrupuleusement les ordonnances et les prescriptions de la loi relatives au Sabbat, aux fêtes et aux préceptes de pureté rituelle. D’autre part, leurs chefs religieux ne sont pas des rabbins mais des prêtres qui pratiquent encore de nos jours des sacrifices d’animaux,conformément à la Loi.

Enfin, chez les Falashas la polygamie est permise quoi que mal vue. Certains juifs blancs remettent en question la judéïté même des Falashas et les tiennent pour des Éthiopiens qui se seraient convertis au judaïsme à une certaine période de leur histoire. De leur point de vue, le fait que les Falashas soient à la fois juifs et noirs est paradoxal. Certains courants extrémistes sont même allés jusqu’à imposer une nouvelle et humiliante circoncision aux Beta Israël. De leur côté, les Falashas se perçoivent eux-mêmes comme les authentiques représentants de la race juive et les Écritures semblent leur donner raison puisque la nation sainte de Dieu est présentée dans la bible sous la métaphore d’une femme noire aux cheveux crépus comme de lalaine (cantique des cantiques 1:5,6). Notons que Moïse été perçu comme un Égyptien par ses contemporains (Exode 2 : 19) ce qui suppose qu’il fût noir puisque selon Hérodote, les Égyptiens des temps bibliques étaient noirs (Hérodote. Euterpe II, 104) de même que les Éthiopiens. Enfin, la Bible n’hésite pas à comparer les enfants d’Israël à des Éthiopiens (Amos 9 : 7). La révélation récente de l’existence de milliers de juifs noirs soulève donc l’importante question suivante les anciens Hébreux (Abraham, Joseph, Salomon...) étaient-ils noirs?